Le clan Dottach des bois Cmoryl

La forêt des anciens — domaine du clan Dottach


Description

Le Cmoryl est l'une des plus vastes étendues forestières du Norwold occidental. Il s'étend sur plusieurs centaines de kilomètres du nord au sud, profond et dense, coupé en son cœur par le fleuve Zielenka — la Verte — dont les eaux calmes et d'un vert sombre reflètent les frondaisons millénaires qui le surplombent. À l'est, la forêt bute contre les plaines défrichées du comté d'Atoolin et, plus au nord, contre les lisières brûlées arrachées aux elfes par la hache du comte Vacquelin. Au sud, le fleuve Neerna marque la frontière informelle avec les bois de Falguel — une frontière que les elfes du Cmoryl n'ont jamais considérée comme définitive, même si leur cousinage avec les elfes maudits de Falguel est une plaie ancienne dont ils ne parlent qu'entre eux.

L'intérieur du Cmoryl est une cathédrale végétale. Les arbres y sont immenses — des chênes et des hêtres dont les troncs atteindraient cinq mètres de circonférence, des épicéas noirs dont la cime disparaît dans la brume matinale — et le sous-bois, entretenu depuis des générations par les elfes, est d'une densité qui rend toute progression rapide impossible pour qui ne connaît pas les chemins. La lumière qui filtre entre les branches a une qualité particulière, teintée de vert et d'or selon les heures, et même en hiver le couvert est assez épais pour que la neige n'atteigne pas le sol dans les parties les plus profondes. Plusieurs cours d'eau naissent dans les hauteurs boisées et descendent vers la Zielenka en creusant des ravins peu profonds mais suffisants pour piéger un cavalier pressé.

Ce monde-là, les elfes du clan Dottach le tiennent depuis un temps que les humains du voisinage n'ont aucun moyen de mesurer. Ils y ont bâti leurs communautés arboricoles à des hauteurs que la plupart des humains estiment inatteignables, y ont tracé des sentiers que seul un elfe — ou un être guidé par un elfe — peut suivre sans se perdre, et y ont placé des postes de guet si parfaitement fondus dans le paysage qu'un voyageur peut passer à dix pas d'un archer sans jamais l'apercevoir. Le Cmoryl n'est pas seulement une forêt. C'est une forteresse.

Depuis une décennie, cette forteresse est sous pression. À l'est, le comte Hanz Vacquelin a arraché des centaines de kilomètres carrés de forêt elfique — brûlés, défrichés, transformés en champs et en pâtures — avec une efficacité que les elfes du Cmoryl ont mise du temps à prendre à sa juste mesure. Les premières années, les clans les plus proches des lisières ont cru avoir affaire à une incursion ordinaire, du genre que les elfes ont repoussé des dizaines de fois par le passé. Ils ont compris leur erreur quand les fumées ne se sont pas arrêtées. Depuis, la limite orientale de la forêt recule d'une saison à l'autre — lentement, trop lentement pour qu'un humain s'en aperçoive à l'échelle d'une vie, mais dans la mémoire elfique, la perte est déjà catastrophique.

Mickael Feuillor, qui dirige le clan Dottach depuis bientôt cent cinquante ans, a tiré de cette catastrophe une conviction que rien n'a depuis ébranlée : les humains ne comprennent que la douleur. La diplomatie, il l'a essayée — des émissaires envoyés à Alpha, des tentatives de négociation avec les premiers colons avant que Vacquelin ne les transforme en avant-garde d'une invasion. Chaque fois, la réponse a été la même : des sourires, des promesses, et des bûcherons qui revenaient la saison suivante. Ce que Feuillor n'a pas dit à son clan — ce qu'il n'a pas dit à beaucoup, du moins — c'est que la douleur qu'il inflige n'est pas seulement une tactique. C'est aussi une réponse au deuil.

Les elfes qui ne pouvaient pas accepter cette logique guerrière sont partis. Une frange significative du clan a choisi l'exil plutôt que la guerre sans fin — vers le nord, vers les communautés de BlueSea ou plus loin encore, vers des terres où l'on n'entend pas les haches. Feuillor ne les retient pas. Il ne les juge pas non plus, publiquement. Mais depuis qu'ils sont partis, le Cmoryl est un lieu plus sombre. Ceux qui restent ont choisi de rester. Ce sont des guerriers, des chasseurs, des mages formés dans la tradition elfique la plus ancienne — et ils n'ont plus grand-chose à perdre.


Carte d'identité

Gouverneur : Mickael Feuillor, Ancien du clan Dottach

Siège : Dottach'Vel — la Cime-Haute (communauté arboricole principale)

Population estimée : 1 800 à 2 200 elfes, en déclin

Données «birthright» : province (2), 

  • holding loi : Mickael Feuillor (2), 
  • holding religieux : Sylvara Dottach (1), 
  • holding économique : Mickael Feuillor (1)
  • sources : Mickael Feuillor (3), Sylvara Dottach 

Personnel de la baronnie


Population et Economie :

La communauté du Cmoryl ne pratique aucun commerce organisé avec l'extérieur. Le clan Dottach est économiquement autosuffisant — chasse, cueillette, élevage d'animaux forestiers, artisanat — et considère tout échange avec des humains comme un aveu de dépendance. Des contacts discrets existent néanmoins avec quelques marchands d'Alpha et avec les elfes de BlueSea, principalement pour l'échange d'informations et, occasionnellement, d'objets magiques.

  • Dottach'Vel et environs proches :~600 familles elfiques — forêt primaire, chasse, artisanat de précision
  • Communautés dispersées (Cmoryl profond) :~350 familles — chasse, pêche en rivière, élevage de cerfs
  • Postes de guet des lisières : ~120 combattants permanents, ravitaillés par rotation

Notons que la forêt recèle de ressources notables : Bois d'exception (non exploité commercialement), herbes médicinales rares, eau de la Zielenka (propriétés légères de purification)

Revenu du domaine

Le clan ne tient pas de comptabilité au sens humain du terme. Les ressources sont mutualisées et redistribuées selon les besoins, sous la supervision des Anciens. La guerre contre Atoolin a cependant créé un déficit structurel en main-d'œuvre — trop de combattants, pas assez de cultivateurs — que le clan compense par une réduction des communautés et une densification des zones encore sûres.

Armées :

L'armée régulière d'Aldaric se compose de trois unités de 10 archers légers et de deux corps de 30 soldats d'infanterie. Un corps d'infanterie est cantonné dans les murs de Mastelas avec deux unités d'archers ; l'autre corps est réparti entre la tour de Fokroug et sa garnison côtière, soutenu par la troisième unité d'archers. Une garnison de vingt hommes, commandée par un vétéran de rang 4, assure la protection du phare du Cap des Vents.

La baronnie dispose d'un knarr armé pour la défense côtière, capable de transporter une vingtaine de soldats, et de deux embarcations légères servant à l'escorte rapide des navires marchands dans la passe.

  • Force : Gardes de la lisière Dottach'Ran
  • Chef : Mickael Feuillor
  • Localisation : en bordure des bois
  • Effectifs : 300
  • Type : Archets-mages elfiques (arc long +1, dague, cotte de maille elfique)
  • Indice de bataille : 140 (Elite)


  • Force : Armée du Dottach'Ran
  • Chef : Mickael Feuillor
  • Localisation : mobilisable sur les bois du Dottach
  • Effectifs : 455
  • Type : 300 Archets-mages elfiques (arc long +1, dague, cotte de maille elfique), 80 Elfes montés sur loups géants, arc court et épée courte, 12 elfes-garous, 60 centaures (Lance, arc long, armure partielle)
  • Indice de bataille : 155 (Elite)



Note sur l'armée des Dottach

Les Dottach'Ran constituent la colonne vertébrale de l'armée du Cmoryl. Chaque membre est à la fois combattant et utilisateur de magie — non pas des mages au sens strict, mais des elfes qui ont appris à combiner un arc et des sortilèges de camouflage, de détection ou de perturbation environnementale avec une fluidité que seuls les elfes peuvent atteindre. Ils opèrent en petits groupes de cinq à dix, jamais davantage, et n'engagent jamais un adversaire en terrain découvert s'ils peuvent l'éviter.

Les Fenrath — cavaliers sur loups géants — sont utilisés pour des missions de reconnaissance profonde et des raids éclair sur les lignes de ravitaillement humaines. Leur efficacité dépend de la nuit et de la forêt. En terrain ouvert et de jour, ils sont vulnérables.

Les centaures sont les plus anciens alliés du Cmoryl. Ils vivent dans le cœur profond de la forêt depuis avant l'installation du clan Dottach, et leur relation avec les elfes est à la fois ancienne et complexe — une alliance de circonstance devenue au fil des siècles quelque chose de plus difficile à nommer. Ils combattent pour la forêt, pas pour Feuillor, et cette nuance n'échappe à personne.

La Griffe Blanche — les elfes-garous

Il y a deux cents ans, lors de la catastrophe qui détruisit la civilisation elfique de Falguel, une famille du Cmoryl fut touchée par une contamination qu'elle n'avait pas cherchée. La maison Vrael était l'une des plus anciennes du Cmoryl — des mages de tradition, dont la lignée remontait aux temps où Falguel et Cmoryl ne formaient qu'un seul peuple. Cette ancienneté était aussi un héritage dangereux : dans leurs veines coulait un sang ancien qui avait côtoyé le Chaos avant que les elfes du Falguel ne s'y noient. Quand la catastrophe se produisit, la contamination entropique atteignit la maison Vrael à travers des liens magiques que personne ne soupçonnait.

Pendant des générations, ce sang dormit. La famille Vrael apprit à le surveiller, à ne pas l'éveiller, à vivre avec une tache ancienne que les Anciens du Cmoryl connaissaient et taisaient. Puis vint Vacquelin. Vinrent les brûlures, les massacres, les elfes capturés et réduits en esclavage. Vint la décision que Feuillor prit un soir d'automne, en conseil restreint avec les Anciens et le chef de la maison Vrael de l'époque.

Le rituel prit trois nuits. Douze membres de la maison Vrael — volontaires, tous — acceptèrent d'éveiller ce qui dormait dans leur sang. Ils ne sont plus tout à fait elfes, et ils ne sont pas non plus des garous ordinaires : leur transformation est plus contrôlée, leur conscience intacte sous la forme bestiale, mais le prix est réel. Sous la lune, le contrôle se fait plus difficile. Et la contamination ne peut pas être transmise par morsure — c'est un don de sang, pas une malédiction contagieuse — ce qui est, aux yeux de Feuillor, la seule grace de cette décision.

Les douze sont connus sous le nom de la Griffe Blanche — Vrael'Kan en elfique. Ils vivent à l'écart des autres communautés du Cmoryl, dans un hameau perché accessible uniquement par des chemins qu'ils gardent eux-mêmes. Le reste du clan les respecte, les craint un peu, et préfère ne pas trop penser aux détails de ce qu'ils font lors de leurs missions nocturnes aux lisières.

Personalités notables

Mickael Feuillor

Elfe 18e niveau — Neutre — Grand ancien du clan Dottach

Force : 13   Dextérité : 18   Intelligence : 18
Constitution : 14   Sagesse : 16   Charisme : 15
CA : -2   Pvie : 78
Armes : Arc long +3, Rapidité, Épée courte +2 / +5 contre humanoïdes chaotiques,  Anneau de détection des pensées
Armure
Cotte de maille elfique +3, Cape de déplacement, Anneau de protection +2,
Maîtrise
Maître à l'arc long, expert à l'épée courte

Mickael Feuillor est un elfe de quatre cent soixante ans dont le visage porte la sérénité particulière des êtres qui ont depuis longtemps cessé de lutter contre ce qu'ils sont. C'est un être mince, presque décharné, aux cheveux d'un blanc argenté noués en une tresse unique qui descend jusqu'aux reins. Ses yeux sont d'un gris ardoise qui vire au presque noir dans la pénombre, et il a l'habitude de regarder légèrement au-delà de son interlocuteur — une façon de voir qui est à la fois déconcertante et absolument sincère.

Feuillor n'est pas devenu xénophobe par conviction philosophique. Il l'est devenu par accumulation de pertes. Le premier grand défrichement d'Atoolin, il le vit se produire quand il était déjà un Ancien — assez vieux pour mesurer ce que représentait une forêt de mille ans réduits en cendres en une saison. Il envoya des émissaires. Il attendit. Il renvoya des émissaires. Il attendit encore. Puis il cessa d'envoyer des émissaires.

Ce qui distingue Feuillor d'un simple chef de guerre, c'est qu'il pense à long terme — trop long terme, parfois, pour que ses propres combattants le suivent complètement. Il sait que le Cmoryl perdra, sur l'échelle du siècle, si rien ne change. Ce qu'il cherche, ce n'est pas la victoire — c'est infliger assez de douleur pour que les humains trouvent plus intéressant de s'arrêter que de continuer. C'est une guerre d'épuisement moral, et il y croit encore, malgré tout.

Ce qu'il ignore — et que personne dans le clan ne sait non plus — c'est que quelque chose dans le Cmoryl profond commence à s'éveiller. Un œil d'or, immense et vieux, qui regarde la forêt se déchirer de l'intérieur avec une patience qui n'est pas de l'indifférence.

Sylvara Dottach

Elfe 14e niveau — Neutre — Grande Druidesse du Cmoryl

Force : 10 — Dextérité : 15 — Intelligence : 17
Constitution : 13 — Sagesse : 19 — Charisme : 16
CA : 0 — Pvie : 52

Armes : Bâton de chêne +2, +4 contre créatures chaotique
Armure : Armure de feuilles d'argent (CA équivalente à une cotte de maille +2), Anneau de communication animale, Amulette de la Zielenka (protection contre les enchantements chaotiques)
Maîtrises : Compétente au bâton et à la fronde

Sylvara est la dépositaire spirituelle du clan — c'est elle qui maintient le lien avec la Zielenka, qui officiant les rituels de mémoire pour les morts, qui parle aux centaures et aux animaux gardiens de la forêt. C'est aussi la seule personne du Cmoryl qui ose régulièrement contredire Feuillor en conseil, et la seule qu'il écoute vraiment quand elle le fait.

Sylvara n'est pas une pacifiste. Elle ne l'a jamais été. Mais elle maintient une chose que Feuillor a progressivement abandonnée : la distinction entre ce qu'on fait parce qu'on n'a pas le choix et ce qu'on fait parce qu'on commence à en avoir envie. Elle surveille la Griffe Blanche avec une attention que ses membres n'apprécient pas toujours, et elle a posé à Feuillor des questions sur le rituel de transformation auxquelles il n'a pas répondu de façon satisfaisante.

Ce qu'elle perçoit depuis quelques mois — à travers la Zielenka, à travers les arbres, à travers les animaux qui se comportent étrangement dans le cœur profond de la forêt — l'inquiète plus que les armées de Vacquelin. Il y a quelque chose dans le Cmoryl. Quelque chose d'ancien, de puissant, et qui observe. Elle n'en a pas encore parlé à Feuillor. Elle attend de comprendre ce que c'est.


Arwenn Vrael

Elfe-garou 10e niveau — Chaotique — Ainée de la Griffe Blanche

Force : 18    Dextérité : 17    Intelligence : 15
Constitution : 17   Sagesse : 13   Charisme : 8
CA : -3   Pvie : 75
Armes : Épée longue +2 (forme elfique uniquement), armes naturelles en forme hybride et bestiale (griffes : 2d6 / morsure : 1d8+4) 
Armure : Cotte de maille elfique +2, Anneau de contrôle de la forme (permet une troisième forme intermédiaire stable)
Maîtrise : Experte à l'épée longue, maîtrise naturelle des formes animale et hybride


Arwenn avait deux cent trente ans quand elle accepta le rituel. Elle était la plus âgée des douze, et c'est pour cela qu'on lui donna le commandement. Elle ne s'en souvient pas comme d'une décision difficile — elle s'en souvient comme d'une évidence, la seule réponse possible à une question qu'elle posait depuis des années.

Sous forme elfique, Arwenn est une femme d'apparence jeune aux traits un peu trop réguliers, aux mouvements un peu trop fluides pour être tout à fait normaux. Sa voix est basse, mesurée, et elle choisit chaque mot avec un soin qui peut donner l'impression qu'elle traduit depuis une autre langue. C'est en partie vrai : depuis la transformation, elle pense différemment. Pas de façon chaotique — mais avec une conscience de l'instinct, de la proie, de la meute, qui colore tout le reste.

Ce qu'Arwenn ressent vis-à-vis de Feuillor est complexe : une loyauté réelle, une gratitude pour avoir rendu possible ce qu'elle est devenue, et une inquiétude sourde sur ce que cette décision dit de lui. Elle n'a pas oublié qu'il leur a demandé de devenir des monstres pour sauver une forêt. Elle pense parfois qu'il a oublié, lui, ce qu'il leur a demandé.


Thalior des Fenrath

Elfe, 9e niveau — Neutre — Chef des chevaucheurs de loups

Force : 15 — Dextérité : 18 — Intelligence : 13
Constitution : 14 — Sagesse : 12 — Charisme : 14
CA : 1 — PV : 48

Armes Arc court +2, Rapidité, Épée courte +1
Armure Cotte de maille elfique +2, Cape elfique, Sifflet de commandement (loup géant — portée 500 m)
Maîtrise Expert à l'arc court, compétent à l'épée courte

Thalior est le plus jeune des chefs de l'armée du Cmoryl — cent vingt ans, ce qui, dans la tradition elfique, en fait presque un adolescent à responsabilités. Il l'a obtenu à la dure, en perdant deux de ses prédécesseurs lors des dernières grandes confrontations avec les troupes de Vacquelin, et en étant là, compétent et vivant, quand les autres ne l'étaient plus.

C'est un combattant instinctif, sans la profondeur politique de Feuillor ni la sagesse spirituelle de Sylvara, mais avec un don rare pour lire un terrain et décider vite. Ses loups — une meute de quarante animaux géants élevés depuis des générations en symbiose avec les Fenrath — lui obéissent avec une fluidité qui tient autant à leur dressage qu'à un lien magique diffus que personne n'a jamais tout à fait réussi à expliquer.

Thalior est l'un des rares membres du clan à avoir eu des contacts avec des humains non hostiles — des marchands d'Alpha, des aventuriers de passage. Il en garde une ambivalence qu'il préfère ne pas afficher dans le contexte actuel : il pense que tous les humains ne sont pas Vacquelin. Il ne le dit pas à Feuillor.

Aurélius

Dragon d'or d'age adulte — Loyal — 

DV : 20    Pvie : 152     CA : -3      
Armes : 2 griffes (2d8) / morsure (6d6) / queue (3d6) / souffle (cône de feu 30 m)  
Armure : Aucune
Pouvoirs :
  
- Immunité : Feu, charmes et enchantements (JS automatiquement réussi)
- Polymorphie (à volonté), détection des mensonges (permanent), voir l'invisible, télékinésie (permanent), compréhension des langues (permanent)

 

Aurelius est arrivé dans le Cmoryl il y a soixante-dix ans, attiré par la concentration d'énergie vitale qui émanait de la forêt — un phénomène que les dragons d'or, naturellement sensibles aux flux de l'Énergie, perçoivent à grande distance. Il a trouvé dans le cœur profond du Cmoryl un endroit où ces flux étaient particulièrement intenses, s'y est installé dans une caverne dissimulée sous les racines d'un groupe de chênes géants, et y dort la plupart du temps.

Il n'est pas passif pour autant. Sous forme de cerf d'une blancheur étrange, ou parfois d'un vieux bûcheron aux yeux dorés qui n'existe dans aucun cadastre du Norwold, Aurelius observe. Il connaît les sentiers du Cmoryl mieux que la plupart des elfes. Il a assisté de loin à la transformation de la Griffe Blanche. Il a vu les premiers défrichements d'Atoolin et les réponses de Feuillor. Il n'est pas intervenu.

La raison de cette non-intervention n'est pas l'indifférence. C'est une patience que les dragons d'or pratiquent comme les elfes pratiquent la mémoire : une façon de voir le temps sur une échelle où les décisions précipitées coûtent plus qu'elles ne rapportent. Aurelius attend de comprendre ce que la situation va réellement produire avant de s'y engager.

Ce qui le fait sortir de cette attente — ou commencera à le faire sortir — c'est ce qu'il perçoit depuis quelques années depuis Maaskel. L'Arbre corrompu, au fond des bois de Falguel, émet des flux d'Entropie chaotique que les instruments de sa sensibilité naturelle captent comme une douleur sourde. La forêt que son énergie vitale nourrit est en train d'être lentement empoisonnée par contamination. Si personne ne fait rien, dans une cinquantaine d'années — une durée dérisoire pour un dragon, considérable pour des elfes — le cœur du Cmoryl commencera à changer de nature.

Aurelius ne s'est pas encore décidé à agir. Mais il commence à chercher qui, parmi les mortels qui traversent cette partie du Norwold, serait capable de comprendre ce qu'il essaierait de leur expliquer.

Centres d'intérêts

Dottach'Vel — la Cime-Haute

Le cœur de la communauté elfique du Cmoryl est une ville arboricole construite dans et autour d'un groupe de dix chênes géants dont les troncs forment un cercle naturel d'environ deux cents mètres de diamètre. Les plates-formes, les passerelles et les habitations sont intégrés à la structure des arbres avec un soin qui rend la frontière entre le construit et le naturel pratiquement imperceptible — vu du sol, Dottach'Vel est invisible. Vu de l'intérieur, c'est un espace vaste et aérien, traversé par la lumière filtrée par les feuilles, où vivent en permanence environ six cents elfes.

La résidence de Feuillor occupe le niveau supérieur du plus grand des chênes — une salle de conseil ouverte sur le ciel, protégée des regards par un enchantement de brume permanente. Le Sanctuaire de Sylvara est au niveau du sol, partiellement enterré dans les racines, là où la Zielenka passe à moins de cinquante mètres.

Le Gué de Cendre

À l'est, là où la forêt s'arrête et où commencent les terres défrichées d'Atoolin, une zone d'une centaine de mètres de profondeur a été transformée par les elfes en ce qu'on pourrait appeler un champ de bataille permanent. Des pièges soigneusement dissimulés — fosses, lacets, déclencheurs d'avalanche d'arbres abattus — attendent quiconque tente de pénétrer dans la forêt sans guide. Les traces d'anciens incendies humains, mal éteints et toujours visibles, ont donné son nom à l'endroit. C'est ici que les Dottach'Ran passent la plupart de leurs journées.

Le Repaire d'Aurelius

Dans le cœur profond du Cmoryl, à une journée et demie de marche de Dottach'Vel, un groupe de sept chênes dont l'âge dépasse vraisemblablement deux mille ans forme une configuration que les elfes nomment le Cercle des Vieux. Leurs racines entrelacées ont créé un réseau de cavités souterraines partiellement accessibles. C'est dans la plus grande de ces cavités qu'Aurelius dort et conserve son trésor. Les elfes savent que l'endroit est particulier — les animaux l'évitent, les oiseaux n'y chantent pas, et l'air y est légèrement plus chaud qu'ailleurs — mais personne n'a identifié la raison. Sylvara a des soupçons. Elle n'en a pas encore parlé.

La Frontière du Neerna

Au nord, le fleuve Neerna marque la limite entre le Cmoryl et les bois de Falguel. Des deux côtés, personne ne traverse librement. Les elfes du Cmoryl entretiennent une surveillance permanente de cette frontière — non par hostilité envers les orcs (même si elle est réelle), mais parce que depuis quelques années, quelque chose vient du Falguel. Pas des raiders, pas des armées. Quelque chose de plus difficile à nommer : des nuits où les animaux du nord du Cmoryl se comportent étrangement, des arbres qui poussent de travers sur la rive sud du fleuve, des rêves perturbés dans les communautés les plus proches. Sylvara surveille cela avec une attention qu'elle n'a pas encore partagée avec le reste du clan. 

Idée d'aventure

Le fil conducteur de toutes les aventures liées au Cmoryl est la même question que Feuillor lui-même ne sait pas résoudre : y a-t-il une issue autre que la destruction mutuelle ?

  • Le Cerf blanc : Les personnages aperçoivent dans la forêt un cerf d'une blancheur absolue aux yeux dorés — un animal trop calme, trop conscient, qui semble les observer avec curiosité avant de disparaître dans les arbres. Si les personnages le suivent assez loin, ils découvriront qu'il les mène vers le Cercle des Vieux. Ce que l'attendait là dépend de ce que les personnages cherchaient à faire dans le Cmoryl. Aurelius n'est jamais apparu spontanément à quiconque jusqu'ici. Si ces gens-là l'intéressent assez pour le faire, c'est qu'il a commencé à décider.
  • Les rêves de la Griffe Blanche : Plusieurs membres de la Griffe Blanche ont commencé à faire des rêves qu'ils ne reconnaissent pas comme les leurs — des images de ruines, d'un arbre noir en flammes, d'une présence massive et froide. Arwenn Vrael, qui ne parle pas facilement, a finalement contacté Sylvara. La druidesse pense que la contamination de Maaskel commence à trouver une résonance dans le sang ancien de la maison Vrael. Si rien n'est fait, les elfes-garous deviendront un vecteur d'influence chaotique au cœur même du Cmoryl. Des personnages capables de démêler ce lien devront aller à Maaskel — et tout ce que cela implique. Sylvara pourrait les accompagner, si elle pense qu'ils en sont capables.
  • L'esclave qui revient : Un elfe du Cmoryl parvient à s'échapper de l'Elfe Joyeuse d'Atoolin après deux ans d'esclavage. Il arrive aux lisières du Cmoryl épuisé, brisé, et porteur d'informations détaillées sur les défenses d'Atoolin et les rotations des patrouilles de Vacquelin. Feuillor veut utiliser ces informations pour un raid majeur. Sylvara pense que l'elfe a besoin de soins avant tout. Thalior considère que les deux ne sont pas mutuellement exclusifs. Les personnages — si Feuillor accepte leur présence, ce qui n'est pas acquis — peuvent influer sur l'issue, et peut-être découvrir que l'elfe a ramené autre chose avec lui : quelque chose qu'il ne sait pas lui-même qu'il porte.
  • La voix dans la Zielenka : Sylvara demande discrètement aux personnages de descendre le cours de la Zielenka jusqu'à sa source, dans les contreforts nord de la forêt. Elle ne leur dit pas pourquoi — seulement qu'elle a besoin de témoins qui ne soient pas elfes, parce que ce qu'elle pense avoir entendu dans les eaux depuis un mois lui semble trop important pour n'être perçu qu'à travers un seul regard. La source de la Zielenka est l'un des points de la forêt où l'énergie vitale du Cmoryl est la plus concentrée — et c'est exactement là que la contamination de Maaskel arrive en premier.
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